Inktober jours 22-23 : R.I.P. chef

Wispy se réveille en sursaut. Seul. Il n’y a plus d’eau et les coraux sont morts. Il lui faut quelques instants pour comprendre : la marée est basse. Dans ce décor lugubre, le feu-follet a un sentiment de malaise. Il ne sait combien de temps il a dormi. Que lui est-il arrivé pendant son sommeil ? Il a conservé tous ses souvenirs, le heaume magique n’ayant même pas l’ombre d’un début de rouille. Mais ses souvenirs sont-ils vraiment les siens ? Qui dit que ce n’est pas ceux d’un autre feu-follet ? Il les aurait adoptés ne supportant pas l’idée d’être sans mémoire, sans identité. Ou bien quelqu’un les aurait mis là pour se jouer de lui. Tout le monde a-t-il ce genre de doutes au réveil ? Soudain, Wipsy réalise que dormir diffère peu de ses morts quotidiennes. Cette idée le rassérène un peu.

Wispy erre à nouveau sans but. L’impression de revenir à la case départ lui laisse un goût amer. Soudain, il aperçoit le chef. Le feu-follet se précipite à sa rencontre, mais son ancien compagnon lui dit :

– Veux-tu t’engager pour affronter les ténèbres ? Nous sommes en train de vaincre ! Les ténèbres reculent.

– Vous ne me reconnaissez pas ? Je suis Wispy.

– Ah non, petit être de feu. L’armée n’a pas engagé de feux-follets depuis feu mon grand-père.

– Votre grand-père !

Alors Wispy remarque enfin les légères différences. Ce n’est effectivement pas le chef qui est en face de lui, mais son petit-fils. Il a donc dormi pendant deux générations ! Le monde vacille autour de Wispy. Le peu qu’il a connu et construit a été balayé par le temps. L’angoisse enserre le feu-follet dans ses griffes. Mais cette étreinte est dissipée par un constat terrible. Le feu-follet n’est pas affecté à l’idée de ne jamais revoir le chef et ses camarades. Ces amitiés étaient aux prix d’un lourd mensonge qui occupaient chaque heure de leur vie.

Wispy observe le petit-fils. Depuis combien de générations cette famille consacre sa force vive à affronter une illusion ? Non. Vraiment. Wipsy n’a rien perdu à dormir plusieurs décennies. Mais cette idée ne le revigore pas. Au contraire, l’angoisse se mue en une humeur maussade qui n’a rien du romantisme de la mélancolie, mais tout du désespoir apathique.

Sans trop savoir quoi faire, Wispy se rend sur la tombe du chef et reste là un long moment.


Jours 24 et 25 : Creuser et buddy

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